Tana Majunga par la route : 550 km sur la RN4.

Départ Tana. 8h00.

8h50, enfin sorti des embouteillages Tananariviens : …, Ambohibao, Talatamaty, au ralenti. Traversée d’Ambohidratrimo sous le soleil. Encore une circulation au ralenti. On ne se sent pas encore en voyage. Camions, koba sur le bord de route. Légère brume sous le soleil, comme si le jour ne voulait pas se lever tout à fait. Les constructions envahissent ces villes il y a peu campagnardes. Station Jovena Anosiala, la borne kilométrique annonce Mahajanga 553 km. Des lotissements neufs ont surgi de terre entre deux usines. Le golf, quelques vendeurs de poteries, un dernier camion à doubler et l’on se sent enfin sur la route. Adakana. Place à l’espace, et aux villages de l’imerina de moins en moins traditionnel. Nous passons de la charrette à bras à la charrette à zébu. 9h05.

9h15. Mahitsy. Déjà, une petite ville de banlieue. Les maisons traditionnelles disparaissent peu à peu derrière les échoppes. Les constructions modernes prennent place. Quincailleries, banques, salons esthétiques, et même quelques pousses-pousses. Des gens qui déambulent. Des lycées, des épicières qui s’ennuient. Des vélos titubant au milieu des transporteurs de marchandises. À cette saison, les rizières sont en labours. La terre ouvre ses jambes au soleil, encore dérangée dans son sommeil.

9h35. Andranovelona. La ville d’Eau Vive. La célèbre eau minérale. Un petit bourg traversé d’un regard, juste remarqué par quelques semi-remorques en attente, et les panneaux publicitaire de la marque.

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10h00. Vohkanto. Belle vue. Le lac. Majunga 490 km. À partir d’ici, une traversée de grands paysages. La route virevolte au-dessus des collines et vous offre des points de vues grandioses. Quelques gamins font mine de combler les trous sur la route avec de la terre pour mendier quelques sous. C’est de bonne guerre, mais ne pas leur en donner l’habitude. Si le business marche, ils sont capables de casser la route pour continuer la petite escroquerie. Du racket caché.

10h30. Ankazobe. MJA 475 km. En fait, on ne fait que passer à côté de cette petite ville. Il suffirait d’un petit détour pour la traversée, mais nous continuons dans le dédale des collines, des pins et autres eucalyptus. De temps à autre, une vague de cendre noire : les feux de brousse ont marqué leur territoire. Si les toits en chaumes et les maisons en brique sont encore là, les premiers auvents apparaissent sur les façades. Les hautes herbes tentent de dorer les monts. Quelques virages assurés. Un ciel bleu azur fige toute témérité.

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11h00. Manankazo. MJA 445 km. Traversé d’un pont au dessus d’une rivière sortie de nulle part et partant pour l’infini. Une grande construction perdue au milieu de ce plateau. Un hôtel ? Rochers et petites cascades sur eau claire. Un arrêt s’impose.
On reprend la route. Les virages et les eucalyptus. La faune commence à changer. En contre bas, quelques rares puits de végétation authentique semblent s’accrocher à des points d’eau. Sur les collines, le même désastre noir des feux de brousse. Celui-ci doit être récent. Odeur de chaud et reste de fumée encore présente. Au loin, une épaisse fumée blanche monte au ciel, narguant les paysages qu’elle veut dévorer.

11h18. Adranofeno. Les maisons de terre sont basses. Les auvents deviennent la norme. De longues journées de soleil pesant ont eu raison de toute prétention.
Les collines nues gardent quelques traces de végétation dans leurs replis, comme une boule de poil aux endroits pudiques.

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11h30. Manerinerina. Village étape. Une dizaine d’hotely gasy et épiceries de part et d’autres de la rue. Spécialité. Le porc. Pour ceux qui s’arrêtent manger, je conseille le hena ritra.

11h40. Limite du district de Maevatanana. Toujours dans les méandres de la route en haut des plateaux a siroté des paysages infini.

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12h15. Un endroit sublime. Une vue splendide sur une route droite à dos de collines. Hotely Hasina, chez Rado à l’entrée. Andalamahisty. MJA 380 km.

12h35. Mahatsinjo. (cross over). KM 195. MJA 372.

12h40. KM 205. On est descendu du plateau. Nous longeons une rivière. Les manguiers sont là. À cette saison, maquillé de fleurs. Quelques bananiers aussi.

Arrivée à Andriba. 100 km avant Maevatanana.KM 213. Village de la mangue. Premier Kapokier. On est bien en pays Sakalava.

13h40. Plus que 40 km avant Maevatanana. La chaleur est là. On croise une après l’autre des rivières. Les épineux à Jujube marquent leur territoire. Le palmier à raphia est collé aux points d’eau. Paysage aride et rocailleux.

14h30. Maevatanana.

Pendant quelques kilomètres, nous cotoyons le Betsiboka. Plus long fleuve de Madagascar. Maevatnanana est une ville étape. « L’endroit le plus chaud de Madagascar » est-il convenu. Autrefois, vous n’y trouviez que l’hôtel Betsiboka pour manger. Maintenant, une multitude de restaurants sont ouverts. Les stations services sont aussi présentes (Total, Jovenna…). On a testé pour vous le restaurant Horéa. Camarons bof bof. Poulet « frites » (cuit dans l’huile) un peu trop cuit, mais sans risque. Tilapia « frite »… ça marche toujours. Une valeur sûre. Les frites, elles, plutôt molles, genre frites cuites à poêle. Pas le top donc, mais pas mauvais non plus. C’est tout ce qu’on demande à un resto d’étape.

15h20. Départ. MJA dans 250 km. On en profite pour remettre un peu de gaz oïl dans la voiture. Les paysages toujours plus arides. Les maisons avec auvent tout autour sont comme tapis dans les hautes herbes sous le soleil écrasant. Structure en bois, torchis et toit de paille.

15h45. MJA 220 km env. (les bornes étaient effacées). Traversée de la Betsiboka sur un des plus longs ponts de Madagascar. Entièrement en acier. Cascades impressionnantes du fleuve rouge, même en cette saison peu pluvieuse. Prévoir quelques pièces en Ariary. Il convient de les jeter dans le fleuve lors de la traversée et de faire un vœux.

16h10. Berivotra.

16h20. MJA dans 190 km. Une grande plaine avec satrana (sorte de palmier ou latanier). Une suite de ponts. Quelques zébus pas bien épais cherchent à arracher à la terre une herbe moins sèche.

16h43. Andronomamy. MJA dans 174 km.

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17h00. Km 407. Traversée pont de Kamoro. Pont suspendu réalisé par la France du temps de la colonisation sur le modèle des ponts Eiffel. Chaussée endommagée par endroit.
Ambondromamy. Autre célèbre petite ville d’étape. Soit on continue tout droit vers Majunga, soit on tourne à droite vers Diego. Restaurants, petits hôtels, mais surtout des tas d’échoppes pour acheter de nombreux fruits ou souvenirs, comme les fameux « Mokonazy » (jujubes) typiques de la région.
Une halte s’imposerait, mais le soleil est déjà bas, et Majunga encore dans 158 km. On arrivera donc à la capitale du Boeny de nuit. Il est préférable d’avancer. Nous nous arrêterons ici au retour.

17h20. MJA dans 142 km. Plusieurs kilomètres de route dans un état très moyen. Si quelque chose n’est pas fait rapidement, cela va finir en catastrophe. Une chaussée défoncée au milieu d’une forêt brulée. Et oui. Désastre écologique en prime.

17h48. Arrivée au Parc National d’Ankarafantsika. Soleil couché. MJA dans 118 km.

18h27. Il fait noir. Croisement pour Marovay. MJA dans 84 km.

Arrivée 20h00. Reste du trajet dans le noir, donc gros dodo.
La route de Majunga est en fête comme toutes les longues routes : les derniers kilomètres semblent interminables. Sur la fin, nous traversons un grand plateau. Vous comptez les kilomètres… 72… 35… 22… C’est long. Majunga s’est beaucoup agrandi. Vers 20h00, les rues sont bondées : pousse-pousses, 4X4, véhicules en tout genre. L’odeur de la grillade vient vous chatouiller le nez. C’est normal : la capitale du Boeny est aussi celle des masikitas et grillades en tout genre. Des milliers de revendeurs envahissent les rues s’installant sur les trottoirs. Un odeur de fête et de décontraction. C’est du top. Avec l’odeur des brochettes, on se dit : « là, je suis en vacances !« .

Tana Majunga par la route : 12h00.

Quand même. Ok, on a été un peu long avec les quelques arrêts photos. Mais sans excès. Pas d’arrêt visite. Que l’essentiel. Le chauffeur n’était certes pas au taquet. C’est quand même mieux pour la sécurité et pour passer un voyage agréable, sans stress. Pour mieux profiter des paysages et peut être flâné à peine plus, je conseillerais de faire un arrêt en fin de journée au Parc National d’Ankarafantsika. Dormir là-bas. Chouettes bungalows au bord de l’eau. Une balade dans la réserve, le matin. Ou alors voir les villageois qui teignent le raphia. Puis repartir sur Majunga tranquillement en début d’après-midi pour arriver sur le bord de mer juste avant le coucher de soleil. Car, comme pour tout voyage, l’important, c’est aussi le chemin parcouru.

Comment y aller ? (tarif en Août 2013)

  • location de 4X4 : 100 000 Ar / jour + 200 000 Ar de carburant pour l’aller.
  • Taxi Spécial (voiture louée pour vous) : autour de 480 000 Ar.
  • Malagasycar ou Taxi Première Class : principe de mini-bus aménagé, avec place limité. Une collation est comprise dans le prix. Halte sur bord de route vers Maevatanana. Tél. +(261) 20 62 023 04, Mobile : +(261) 32 04 904 57, +(261) 33 07 601 67 • email : malagasycar@gmail.com – www.malagasycar.com
  • Taxi Brousse : pour les plus économes ou les amateurs d’authentique. 25.000 Ariary ! (moins de 12 Euros) du folklore et quelques sueurs froides avec les chauffeurs 😉

Pour les Taxi Première Class et les Taxi Brousse, vous ne pourrez pas vous arrêter pour profiter des paysages. Pas d’arrêt photos.

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