Les Jeux des Bills de l’Océan Indien.

JIOI 2015 La Réunion

Pardon pour le titre. Une fois de plus, nous n’avons pas résisté au plaisir du jeu… De maux. Car des maux, aux Jeux des îles de l’Océan Indien 2015, y-en a. À se donner des migraines. Faut dire que personne n’y met de la bonne volonté.

Pendant que la presse mauricienne titrait « Féerique cérémonie d’ouverture », les officiels Comoriens ne l’entendaient de la même manière : crise d’urticaire pour avoir vu les athlètes de Mayotte défilés sous le drapeau français. Oh ! Trouvaille honteuse : pendant que leurs compatriotes essaient par tous les moyens de rejoindre l’île française, voir que certains d’entre eux seraient prêts à demander leur indépendance pour se rallier à la France (Anjouan), la délégation des Comores se sent humiliée en découvrant que Mayotte est un département français. LOL. Et que les athlètes de l’île en sont fiers au point de brandir le point sur les plus hautes marchent d’un podium avec le drapeau tricolore.

Du coup, la Stasi des Jeux, composée d’un représentant officiel par îles participantes, décident, mais trop tard, que les drapeaux et hymnes sont proscrits. Pour la remise des médailles, les athlètes rendront hommage à un bien terne drapillon des JIOI, qui pendouille bien seul, en guise de levée des couleurs. Tristouille, voir pathétique.

Même le public, moqueur ou rebel selon, chante les hymnes officiels dans les tribune. Pendant ce temps, les athlètes comoriens sont obligés de quitter ces « jeux » par la petite porte. Des mois, des jours et des heures d’entraînement réduit à néant.

Marthe Rasilinirina, le cas malgache.

Marthe n’a pas démérité en se hissant sur la plus haute marche du podium en 3000 m steeple. Bravo. Faut dire que Madagascar ne donne pas dans la breloque pour ces jeux avec déjà 28 médailles d’or à son palmarès à 4 jours de la fin. Y-a de quoi hier fier. Et Marthe, à l’image de tous les grands athlètes du monde, dans toutes les plus grandes compétitions, s’affiche timidement sur le podium avec son drapeau national sur le dos.

C’est là qu’intervient Catherine Paoli (trésorière adjointe) en hurlant façon maitresse d’école qui veut donner dans l’autorité ayant vu l’esprit du démon habité l’âme perfide d’une élève dissipée « pas le drapeau ! NON NON NON NON ! Pas le drapeau ! » (voir vidéo). Sacrilège ! 🙂 et de se précipiter vers la sportive décontenancée qui, timidement, lui remet l’objet du délit. La Paoli se l’accapare d’un geste déterminé. Elle a arraché le mal !… Et les athlètes sur le podium de devoir se recueillir devant le drapillon bariolé des JIOI qui semblent bien gêné à s’exhiber ici au bruit d’une musique élevée pompeusement au rang d’ « hymne ».

Ah ! Pour ceux qui le savent encore, le représentant officiel de Madagascar au bureau du Conseil International des Jeux des îles (le CIJ), n’est autre que Thierry Randrianasoloniaiko Siteny, déjà tristement célèbre en tant que président du Comité Olympique de Madagascar (COM), rattaché à une secte et soupçonné de corruption, notamment pour les JO de Londres 2012. (Source AfricaTime)

Les « Zeux » des iles.

D’une fête du sport qui se voudrait une sorte de petit Jeux Olympique de nos îles, on en arrive en un concours d’ego sur lequel chaque fashion-faux-pas nous fait marcher sur des œufs. Mais ne marche-t-on pas un peu sur la tête ?

Les Comoriens font le coq et jouent de l’incident diplomatique. Rien de moins. L’ambassadeur des Comores à Paris aurait été rappelé (source Zinfo974). Faut dire que Mayotte aurait été admise à ces Jeux avec condition et du bout des doigts, avec des « si » et des « mais ».

Côté malgache, on s’offusque de ce drapeau « arraché » et une pétition en ligne se partage sur le net demandant ni plus ni moins « des excuses officielles à François Hollande » et le « retrait immédiat de la délégation malgaches » (Voir la pétition en ligne).

Oh ! Comme on y va. Eh ! … La prochaine fois qu’une poule pète de travers dans une fête de quartier, faudrait lancer une guerre mondiale. LOL

Et le sport dans tout ça ?

Dans toutes ces pagailles d’ego sous couvert de nationalisme pas toujours bien éclairé, on oublie un peu le sort de nos jeunes sportifs qui se faisaient un bonheur de participer à cette compétition entre les îles « sœurs ». Ils se sont tous préparés longuement pour l’occasion et, tous, étaient heureux d’avoir gagnés leur voyage pour cette fête. Honorés d’y participer et honorés d’y représenter leur pays, leur île.

Ce sont les 9e Jeux des îles seulement. L’idée remonterait à 1950, en pleine période de décolonisation, mais les premiers jeux n’ont eu lieu qu’en 1979, confié à La Réunion à l’origine de l’idée. Ils ont eu lieu deux fois à Madagascar, en 1990 et en 2007. Il est vrai qu’ils ne mobilisent pas les foules. Voir les gradins vides sur les vidéos ou photos des jeux en cours. Pas de record du monde battu, peu ou pas d’athlètes de stature internationale, pas de retransmission télévisée sur des chaînes de grandes audiences, quelques lignes dans les journaux… Pas un mot dans les JT des journaux français ni sur les grandes chaînes d’infos, à peine 6700 fans sur la page facebook…Limite du fiasco, sauf le bonheur des sportifs qui, sans cela, auraient bien peu d’occasions de participer à des épreuves internationales. Ces jeux n’ont surtout d’intérêt que pour faire vivre une association qui doit concilier intérêt perso et jeux d’échec avec des susceptibilités nationales.

Ne serait-il pas temps de repenser de fond en comble le concept ? Mettre en place une vraie compétition régionale d’envergure internationale, entre des états qui sont d’accord pour participer, en acceptant les règles du respect de chaque nation et dans l’abstraction des litiges au profit d’une belle fête sportive populaire ? Une compétition qui profite au sport plutôt qu’aux caprices et susceptibilités de chacun ?

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