Le Victoria, hôtel dans la vent à Diégo Suarez.


À l’heure où les touristes ne courent pas les rue malgré l’été en Europe et les grandes vacances ; à l’heure des promesses de relance du gouvernement qui veut nous faire miroiter un million de touriste en 2020 ; certains professionnels du tourisme continuent de croire en Madagascar et son formidable potentiel et ils investissent. C’est le cas de l’équipe de l’hôtel La Ribaudière à Antananarivo, qui viennent d’acheter et rénover entièrement l’ancien hôtel Émeraude à Diégo Suarez, devenu désormais l’hôtel Victoria.

Un vent nouveau au pays de Libertalia.

Depuis quelques années les hôtels fleurissent dans tout Madagascar. Depuis l’ancien président Didier Ratsiraka, tous les présidents et gouvernements nous promettent la poule aux œufs d’or avec 500 000 touristes minimum. Maintenant même, on nous fait rêver avec le million. La réalité est bien différente puisque, des touristes, il y a en de moins en moins, même si on note parfois un peu d’embelli.
Diégo la belle n’a pas échappé à la règle. Une nuée d’établissement ont vus le jours : hôtels, restaurants, cafés et même, de nombreuses boutiques d’artisanats comme peut être nul part sur la l’île. Un petit souci cependant, sauf arrivé de grands bateaux, les rues sont vides. L’espoir ne trouve pas preneur.


Diégo est une ville singulière. Un port oui, mais ce n’est pas une cité tournée vers la mer. Autre particularité, pas moins de quatre « centre-villes » : la rue Colbert et son animation ; le vrai « centre-ville » administratif avec sa mairie et son grand rond point ; le quartier commerçant et des dédales de ruelles autour du marché couvert qui ne sert plus qu’à quelques bouchers ; et enfin, le centre-ville symbolique avec la place de l’indépendance. L’hôtel Victoria est à une rue de cette dernière.


Cet emplacement est presque ce qui se fait de mieux. L’hôtel est suffisamment en retrait pour ne pas subir l’ambiance et ces bruits, mais éloigné de rien. Une quasi-garantie de tranquillité. Un must donc. Autrefois, gendarmerie, il a été une première fois aménagée en hôtel  et spécialisé dans l’accueil de pêcheur au gros (ancien hôtel Emeraude). La rénovation complète et le nouvel esprit en ont fait un espace de haut standing qui fait les yeux doux à une nouvelle vague de passionnés des vents du grand nord : les kitesurfers.

L’hôtel Victoria : un brun d’Angleterre au cœur d’Antsirane*.

En arrivant, on fait face à un grand navire blanc juste rehaussé par les boiseries brunes de l’accueil. Mais dès le porche passé, si le blanc reste de rigueur tel un officier de marine sur son 31, la verticalité répond au bois bruni ou peint de nuances presque terre de sienne. Une ambiance solennelle qui impose une sérénité légère, sans contrainte. Quelques fauteuils entourent une plante timide. De grandes baies vitrées pour s’imprégner de la lumière. Et le comptoir d’accueil vous invite à prononcer la phrase magique de tout hôtel « chambre 102 » (ou le numéro de votre chambre) ; l’acquiescement douillet de l’hôtesse d’accueil, et le bruit de la clef et son porte-clef qui passe de main en main ou se pose sur le comptoir.
Juste à côté, un accès au centre de kitesurf. De l’autre côté, la partie technique. À droite, l’escalier pour accéder aux deux étages des chambres et salons communs.
Au premier, la salle des petits déjeuners avec son balcon donnant sur le jardin. Les palmiers valsent dans le varatraza (vent typique de Diégo Suarez).

Une Chambre en Ville.

Petite référence cinématographique, mais ici, on est plus proche de Matrix que de Jacques Demy. Un hasard, plus qu’une intention sans doute. Le balai des chambres s’ouvre par la suite 101 que je vous recommande particulièrement. 101 le numéro de la chambre où habite Néo. Mais la référence s’arrête là : pour les geeks, l’internet est bon, mais il reste l’internet de Diégo. Ce n’est pas encore top. La porte s’ouvre sur un vaste salon avec kitchenette américaine. Bureau, canapé et fauteuil, TV et baie vitrée sur balcon. Pratique pour un lit supplémentaire pour un enfant. Totalement indépendant de la chambre sur la gauche. Vaste espace à dormir avec grand placard, porte bagagerie, literie neuve et confortable, TV écran plats… Un brun d’originalité : un grand miroir sur le plafond au dessus du lit. La climatisation bien sûr, mais au mois de juillet, ouvrir juste la baie vitrée de 5 cm et c’est amplement suffisant pour passer une agréable nuit. Salle de bain toilette. Douche spacieuse pour la suite 101. L’autre suite a une baignoire d’angle. Chacun son style.
Les autres chambres sont sur le même modèle, mais sans le salon. Une vaste pièce avec dans l’entrée, un bureau et la salle de bains sur la gauche, au fond la chambre elle-même et accès au balcon privatif par la baie vitrée.

À l’hôtel Victoria, pas de restaurant. Juste le petit-déjeuner dans la grande salle terrasse du premier. Très agréable. Vue sur les palmiers et tout ce qu’il faut pour commencer une bonne journée : thé, lait, chocolat, café… Pain beurre confiture et viennoiseries, jus de fruit selon saison… Œufs sur le plat ou omelette… Salade fruits… hummmmm Copieux à souhait.


Un souffle de fraîcheur pour les kitesurfers.

C’est une des particularités de l’établissement : l’hôtel Victoria est en étroite collaboration avec un centre de kitesurf : North Mada Kite. North parce qu’entièrement équipé avec la célèbre marque North Kiteboarding. Que vous soyez des amateurs confirmés ou que vous souhaitez simplement faire une initiation, une équipe de professionnels, diplômés IKO, vous prend en charge. Tout le matériel est sur place. Vous pouvez venir les mains dans les poches. Franchement, ne pas s’en priver. Vous aurez la chance glisser sur des spots merveilleux comme la Baie des Sakalava. Un must mondial. Vent, eau turquoise peu profonde, espace, peu de vagues… On dirait que cette baie a été faite pour cela. À noter, que l’hôtel fait bénéficier de tarif spéciaux pour les kitesurfers.


Un bien bel établissement donc, qui nous donne envie de passer de bons séjours sur les berges de cette ville dont le nom à lui seul fait rêver en évoquant une cité tropicale faite de douceur et de vie simple. Un parfum de vacances et de repos. La ville a bien d’autres établissements hôteliers de qualité. Il y en a pour tous les goûts, tous les budgets. Celui-ci est à dimension humaine, sobre, calme et bien situé. Nous vous le recommandons particulièrement.


* Antsirane : ancien nom français du village d’origine qui donnera le nom malgache officiel actuel : Antsiranana.

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