Mairie de Tana, Rajoelina : ira ? ira pas ?

Andry Rajoelina 21 mars 2009
Andriamanjato tient les reines de la ville et tient à le faire savoir. Rajoelina, en réserve, et déjà d’autres noms fleurissent pour briguer le poste de maire aux municipales à venir. Mais se présentera–t-il vraiment ?

Le PDS aux pleins pouvoir veut faire ses preuves.

Andriamanjato bombardé PDS a pris la CUA par les cornes. Chaque semaine, une nouvelle annonce. Il veut montrer qu’il est là et qu’on peut lui faire confiance pour donner un élan à la capitale. Problème : il dépasse nettement ces prérogatives en utilisant les deniers publics pour se faire valoir et se mettre en scène. Conflit d’intérêts, c’est sûr. En tout cas, s’il confirme sa candidature. De la même manière qu’un président d’une transition est, logiquement, interdit de se présenter à la magistrature suprême, dans sa position, il ne devrait pas pourvoir prétendre à la direction de mairie. D’une certaine manière, s’il ne se présentait pas, et s’il continuait à montrer son sens de l’initiative et sa volonté d’avancer, ce serait certainement à son honneur, créant ainsi un vide aspirationnel autour de son personnage : montré en exemple, il apparaîtrait comme homme de la situation le moment venu et preuves à l’appui. Encore faut-il qu’il se sépare de ces démons. Pouvoir et « religion » ne font pas bon ménage, puisque conduisant souvent à l’obscurantisme et au renfermement.

En attendant, il est à fond dans les starting-blocks et ne souhaite pas lâcher le morceau. Dynamisme tous azimuts, il occupe le terrain sur tous les fronts faisant passé les autres prétendants pour des amateurs avides.

Radzo cherche la voie.

On prête à l’ex-président de la Transition la volonté de rempiler sur le mode : « je vais reprendre ma mairie« . Celle qui l’a déjà mis sur les rails du pouvoir. Il est vrai qu’on le voit mal piétiné en arrière cours dans l’ombre d’un Mapar protéiforme et donc, mal en point. Ceci dit, pas simple de recommencer à zéro quand on a été le grand patron durant quatre ans, au nom d’une révolution orange qui n’a jamais pu prendre son envol, entachée de putchisme. Le bonhomme reste donc plein de rêves, et sur une position amère : ce sentiment de s’être fait expulsé de son joujou par l’homme qu’il a mis en place.

Mais peut-il vraiment se lancer dans la bataille ? Le risque est grand : et s’il perdait ces élections ? Si même à une élection municipale, fut-elle de la capitale, il était rejeté ? Si c’était le cas, se profilerait pour lui, une longue traversée du désert, ni supportable, ni envisageable pour cet homme qui se voyait déjà en Radama conquérant.

Hors, sa cote de popularité dans la capitale n’est pas au mieux. Le rêve orange ne prend plus. Les gens n’ont plus envie de se mobiliser pour cette cause ambigüe. La foule aspire à la sérénité. Quelques années de tranquillité semblent une promesse plus intéressante que le risque d’un retour de 2009 pour cause de conflit entre un maire et un président. Les batailles d’égo ne font plus recette.

Qui sera l’élu du Président  ?

C’est la grande question. Qui sera l’homme (ou la femme) du président Hery ? Là aussi, il est bien évident que si Hery Rajaonarimampianina se lance dans la bataille, se ne serait pas pour perdre. Un revers fragiliserait son pouvoir. Une victoire par contre, le conforterait, voir le légitimerait, son élection présidentielle ne lui étant pas personnellement reconnue. Andriamanjato a été mise en place par Hery. Mais il était déjà ministre influent dans le clan Rajoelina lors de la Transition. Si Hery le présente comme son candidat, Andry devra faire face à une grosse machine de guerre. Si Hery présente un autre, ce sera trois hommes pour un couffin. Et à trois leader dans une élection, la victoire mais aussi la défaite, peut se jouer à rien. Deux chances sur trois, minimum, de perdre. Cela ne met pas  Rajoelina dans une position confortable. Un échec risque de lui faire perdre ses derniers soutiens au sein du Mapar. Hors, au vu des derniers développements politique, il semble que le clan Hery veuille briser notre jeune trublion.

Ces élections municipales vont être une belle épreuve. Une spéciale attendu la difficulté et les enjeux. Andry Rajoelina a besoin d’une porte de sortie honorable. La mairie peut se transformer pour lui en camouflet cuisant. Reconnaissons-lui le sens du défi. S’il se lance dans cette campagne, il n’a pas le droit de la perdre. Un renouveau de son staff de com’ semble nécessaire pour faire face à cette montagne qui l’attend.

Related posts

*

Top