Du Smalto chez nos ambassadeurs.

GRAND DOSSIER.

Un millionnaire franco-Suisse, sous passeport diplomatique Malgache, aurait caché 45 millions d’euros au fisc helvétique.

Alain Duménil se présente lui-même sur son site comme un homme d’affaires, né en mai 1949 à Neuilly-sur-Seine. classé 465c e fortune de France avec 70 millions d’Euros, cet ancien banquier donne dans le luxe avec Alliance Designer, l’immobilier en France et en Suisse. Avec AD Industrie, il est sous-traitant d’un autre secteur souvent sujet à suspicion : l’aéronautique et la défense (fournisseur d’Airbus, EADS, Snecma et Dassault). Il est propriétaire du journal économique suisse L’Agefi et réside à Genève.
Personnage en vue et proche des sphères politiques, il est coutumier des annonces de scandale en tout genre. Le dernier du genre est de taille : il est soupçonné d’infractions fiscales en Suisse et fait l’objet d’une enquête selon les magazines L’Hebdo et le Tages-Anzeiger.
Il est suspecté d’avoir dissimulé au fisc helvétique près de 45 millions d’euros sur des gains de sa société immobilière en France (Acanthe Développement) de 2003 à 2011. M. Duménil à indiqué à l’AFP vouloir «déposer jeudi une plainte pénale contre les deux organes de presse» parlant d’un énorme scandale. Le fisc suisse estime que les montants d’impôts impayés dépassent les 16,5 millions d’euros.
Selon les magazines, l’Administration Fédérale des Contributions aurait ordonné le séquestre des biens immobiliers et comptes d’Alain Duménil. Pour sa défense auprès du Tribunal Pénal fédéral, Alain Duménil avait demandé de pouvoir se prévaloir de son immunité diplomatique en tant que : attaché culturel auprès de la Mission permanente de la République de Madagascar auprès de l’ONU (source Libération).

Duménil, « attaché culturel de la République de Madagascar…« 

« … auprès de l’Ambassade de Genève, et Consul auprès du Royaume de Belgique et du Grand-Duché de Luxembourg » !

Alain Duménil s’est déjà fait arrêté, le 7 octobre 2011, par trois policiers à Paris au volant d’une voiture immatriculée GE. CD 8.110 appartenant à l’Ambassade de Madagascar à Genève. Cet ami de Brice Hortefeux, proche de Sarkozy, et intime de l’ancien ministre des finances français Alain Madelin (qu’il a d’ailleurs nommé à la présidence d’une de ses sociétés) a dû, à l’époque faire face à une plainte des trois policiers pour insultes. « Les flics sont des porcs, vous pouvez vous torcher le cul avec votre rapport… » (source Médiapart, la convocation en justice) aurait-il déclaré aux agents en invoquant son immunité, leurs montrant son passeport diplomatique malgache ! La plainte des policiers a été jugée recevable par la Cour d’appel de Paris jugeant que dans ce cas, il ne pouvant se prévaloir de son statut de diplomate puisqu’étant de nationalité française.

Alain Duménil s’est fait nommé « attaché culturel de la République de Madagascar… » trois ans avant cette affaire, soit aux alentours d’octobre 2008 environ. Hors, en juillet 2008 est nommé Ambassadeur Représentant Permanent de la République de Madagascar auprès de l’Office des Nations Unies à Genève et Ambassadeur Extraordinaire de la République de Madagascar à Berne, l’ex-président TIM du Sénat : Guy Rajemison Rakotomaharo. Ce serait donc ce futur candidat à présidentielle de 2013 qui aurait fait nommer Alain Duménil a ce poste ronflant et digne d’un mauvais James Bond. Un poste qui veut tout dire et rien dire, comme seuls les diplomates peuvent en inventer pour donner des droits et avantages conséquents à certaines personnalités. Un passe-droit bien pratique en quelque sorte.
Le monsieur a du bien servir la cause, car il a gardé son poste sous Camille Vital qui reprenait le poste d’Ambassadeur le 28 juin 2012 à Genève, et enfin sous Annick Rajaona nommée en octobre 2013. Que du beau linge diplomatique malgache plongé dans de sombres histoires durant la transition, pour ne pas dire la crème.
Notons qu’Alain Duménil a été révoqué de son poste auprès de Madagascar pour les nouveaux dirigeants, le 2 mai 2014.

 

La lettre à Andry Rajoelina pour un incident diplomatique.

Mais qui est donc cet étrange Monsieur Alain Duménil qui a voulu déclencher un incident diplomatique entre la France et Madagascar ?
Le 27 janvier 2011 (quelque temps avant sa nomination en tant que diplomate malgache !), Alain Duménil a été condamné à 1 an avec sursis et 75 000 Euros d’amende pour complicité de banqueroute. La justice lui a reproché d’avoir organisé la faillite du chausseur de luxe Kellian.
En 2009, il essaie de déloger 80 familles légalement locataires d’un camping sur un parc qu’il a acheté via une société de sécurité aux méthodes musclées, avec insultes, menaces de mort et dégradations de bien.
Tous ces faits ont été largement relayés en leur temps dans la presse française et suisse, donc, les responsables malgaches de l’époque ne pouvaient pas ne pas être au courant.

N’acceptant pas la plainte des policiers, il a adressé une lettre officielle à Andry Rajoelina dans laquelle il donne sa version de l’histoire (manifestement pas en accord avec celle des policiers jugée recevable par les juges) ; lettre dans laquelle il fait part de l’intervention de l’Ambassadeur Rakotomahoro qui a demandé un rendre-vous à Monsieur Alain Juppé, alors Ministre des affaires étrangères, pour évoquer son affaire ! Quand on sait ce que veut dire, en terme diplomatique, quand un ambassadeur demande, au nom de son pays, à rencontrer le ministre des affaires étrangères d’un autre pays… et tout, juste pour sa petite colère personnelle… On a de quoi s’interroger sur cette personne l’importance qu’elle donne à elle-même.
Nous donnons en fin d’article une copie de cette lettre à Andry Rajoelina dit « Président de la République », du 14 octobre 2011. Cette lettre a été porter au numéro un de la transition par : le sénateur Rabetsaroana en personne : Membre du Conseil supérieur de la Transition, Sénateur et également candidat à présidentielle malgache de 2013 !

 

Les affaires Alain Duménil nous donne une lecture bien particulière des liens existant entre le monde des affaires européen et certains hommes politiques malgaches. Rien que pour une simple affaire de malentendu grossier entre un automobiliste (Alain Duménil) et trois policiers français à un carrefour, on a frisé l’incident diplomatique et impliqué trois présidentiables de haut niveau : Rakotomaharo, Vital, Rabetsaroana ; et frôlé de très près le président de la Transition à travers sa protégée et lui-même. Comme quoi, il n’est jamais bon d’essayer de tromper le fisc Suisse.

Lettre à Rajoelina.

Source Médiapart.

De Alain Duménil,
Attaché Culturel de la République de Madagascar
auprès de l’Ambassade de Genève,
Consul auprès du Royaume de Belgique et du Grand Duché du Luxembourg.

au
Président de la République,
Son Excellence Monsieur Raojolina (nous reproduisons la faute d’orthographe)

Le 14 octobre 2011.

Monsieur Le Président,

Par l‘intermédiaire du Sénateur Rabetsaroana, je vous fais porter cette missive qui relate l’incident diplomatique dont notre République, à travers ma personne, a été victime très récemment.

J’ai été l’objet d’un contrôle policier injustifié alors que je circulais au volant de la voiture immatriculée GE. CD 8.100 qui appartient à notre Ambassade de Genève.

Je me rendais de Belgique, où j’exerce les fonctions de Consul, à Genève, où vous avez bien voulu me nommer Attaché Culturel, quand j’ai été interpellé sans raison aucune Place de l’Alma à Paris, 16è.

J’ai montré mon passeport diplomatique aux agents de police. Ceux-ci m’ont répliqué que notre République de Madagascar était « un pays de con », pour citer leurs propos abominables et injurieux.

Menacé en temps que Diplomate, j’ai répondu devant l’insulte faite à notre pays par les agents XXXX (les 3 noms des policiers).
Les agents sus nommés m’ont alors laissé repartir sans dresser de contravention.

Le 10 octobre, alors que je participais à une importante Convention Internationale à Genève, j’ai reçu un coup de fil du gardien de la paix Monsieur XXXXXX (nom de l’agent) qui a osé me demander de venir toutes affaires cessantes au commissariat du 13è arrondissement de Paris pour éclaircir cette affaire.

Malgré l’importance que revêt pour notre jeune République l’affirmation de votre présence auprès des Organismes Internationaux basés à Genève, j’ai donc quitté la table des négociations pour parcourir 500 kms pour me rendre à Paris.

Désireux de réprimander devant leur hiérarchie les policiers qui avaient insulté notre République, je me suis rendu le 12 octobre à 9h30 au commissariat du 13è arrondissement 71 rue Albert à Paris.

Alors que je m’apprêtais à narrer les violences verbales que j’ai subies par notre pays a travers ma personne, j’ai été placé en garde à vue, retenu dans la cellule, interrogé et ce jusqu’au soir. A 20 heures, le gardien de la Paix XXXXX m’a remis une convocation en justice devant la 29è chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris pour l’audience du 23 novembre 2011 à 9 heures, car les 3 policiers qui avait insulté dans des termes qu’il m’attristerait de répéter 2 fois dans un courrier officiel, ont osé déposer plainte pour outrage contre moi représentant de votre Ambassade, également Consul auprès du Royaume de Belgique et du Grand Duché du Luxembourg, pour masquer à l’évidence les coupables erreurs d’avoir osé au mépris des règles de Droit International Interpellé un Diplomate en mission et insulté un Pays Souverain.

Il vous appartient Monsieur le Président de voir si vous accepterez des excuses de la République Française qui ne peut cautionner de tels agissements émanant de ses fonctionnaires.

Mon supérieur l’Ambassadeur Rakotomahoro a demandé un rendez-vous avec Monsieur Alain Juppé, Ministre des affaires étrangères de la République Française.

Je suis très attristé et très concerné par les vexations perpétrées notre République que j’ai l’honneur de représenter.
Croyez Monsieur le Président, en l’expression de ma haute considération et de mon très fidèle dévouement.
Alain DUMENIL

 

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