Moajia : les gentlemen du roots

Moajia
Discret et non timide, le groupe Moajia grimpe l’échelon du milieu musical local à leur rythme. Une démarche assez particulière car différemment de nombreux groupes musicaux, ils ne sont pas proies à une industrie artistique dont le mécanisme obéit à un marché précaire qui s’enrichit de la pauvreté du goût et de l’esprit. Moajia ne boude aucune scène mais impose cependant leur “roots » et leur classe d’artistes qui sortent de l’ordinaire.

Moa… Jiaary.

Jiaary fait partie intégrante de l’âme du groupe. Lead-vocal, compositeur et guitariste, son père n’est autre que Doda du groupe Tsiakoraka. Le même qui l’a initié et l’a introduit à la guitare dès l’âge de quinze ans. Un sentier qui mènera le jeune musicien à un approfondissement accompagné qui durera à peine trois mois de cours de guitare allant entre technique classique et picking. Au bout de cette période, il a continué ses recherches mais de manière plus autonome, à travers des manuels et… internet! « Mais je tiens à affirmer que mes premières compositions sont très influencées par mon appropriation de la guitare basse et des morceaux de James Taylor, d’Eagles, de Bob Dylan ou de Bob Marley que mon père écoutait souvent à la maison », souligne Jiaary.

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Plus de dix ans déjà.

En général, les membres du groupe ont été camarade d’écoles allant de l’Institut Sainte Famille Mahamasina (Jiaary et Feno) au Lycée Jules Ferry Faravohitra (Jiaary, Veve, Imalo et Loula). Le hasard et la passion on permis la rencontre de Quelin, Harilalaina et Miora. Njaka n’est autre que le cadet de Jiaary. Une histoire qui débute avec le clan JIA avant 2002, jusqu’à la formation du groupe en 2004. Le nom de la bande “Moajia » ne sera décidé qu’aux alentours de leur première parution en scène publique à travers la plateforme Ankisôma au Rarihasina Analakely en 2006. D’abord, il y a eu la première formation du groupe, aux alentours de 2004 jusqu’en 2010 avec Jiaary, Imalo, Veve, Njaka, Loula (l’ancien batteur), Quelin (flutiste) et Harilalaina (pianiste, compositeur et chant). Après, la deuxième formation de 2010 jusqu’à aujourd’hui, aboutissant à la constitution des membres actuel de Moajia : Jiaary (compositeur, lead-vocal et guitariste), Njaka (percussionniste), Imalo (violoniste), Veve (bassiste), Feno (soliste) et Miora (Batteur). Imalo se félicite de l’arrivée de Miora et de Feno dans le groupe et s’accorde à dire que « le groupe est devenu plus riche en rythmiques et en vibrations », depuis.

Une rencontre entre férus de musiques dans un premier temps, puis, quelques interprétations ou d’écoutes de morceaux d’artistes qu’ils apprécient ensemble tels que Brassens, Tryo, Brel, M, Nirvana, Neil Young, Ben Harper… Ensuite, la formation de leur propre groupe Moajia. S’enchaine par la suite une présence continue à travers diverses scènes comme Chill Out café, IFM, CGM, Paprika,… un Maxi de 5 titres (2008), un bootleg de 9 titres (2010) et un album officiel “Aody e!” (Toc toc) au tout début de cette année 2014. On ne s’en lassera d’apprécier leur « roots » orné d’un groove puissant à travers “Tamàna”, “Maso kely”, “Voatanisa”, “Damoiselle”, “Tempera dance”…

Deux maxis et un album « Aody e !»

Après deux maxi de cinq puis neuf titres, le mois d’avril 2014 ils on finit par sortir leur premier album officiel, travaillé en collaboration avec Tahina Rakotoarivony d’Isart Galerie. Fier de leur succès vis à vis de la vente de leur album dont la pochette “en cuir, fait main », n’a pas laissé leur fan insensible, ils prévoient de ne plus se tenir tranquille. En effet, ils conçoivent de faire pas mal de tapage jusqu’à la fin de l’année. Un choix très raisonnable car la sortie de l’opus « Aody e ! », couronné d’une première sortie, remplie de succès, dans les faritany (Tamatave) ne peut que les encourager. Tout de même, à l’alliance française de Toamasina où ils se sont produits et où ils félicitent l’organisation, ils sont désolés de la minorité du public malgache.

Un roots accessible.

Lorsque l’on se réfère aux différentes musiques roots, Moajia marque son originalité à travers ses textes engagés dans divers situations comme le social (voatanisa) ou l’environnement (tamàna). Après, le rythme, la mélodie et la couleur se pavanent entre reggae, blues et folk music, swing… en tout, du Moajia ! La bande à Jiaary assure! Actuellement le groupe est composé de Jiaary (à la guitare et au lead vocal), Imalo au violon et à la deuxième voix, Veve à la guitare basse, Feno à la guitare solo, Miora à la batterie et Njaka à la percussion. On est certainement en présence d’un groupe ascendant qui aura une place pérenne tels les groupes légendaires locaux comme Mahaleo ou Jeneraly.

 

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