L’approche HIMO : une route pour l’emploi

Le 5ème Congrès Malgache de la Route et des Transports se tient au Centre de Conférences Internationales d’Ivato du 26 au 28 novembre 2014. Le Bureau International du Travail y présente l’Approche HIMO Structurée. Si la Haute Intensité de Main d’œuvre fait partie aujourd’hui des sujets d’actualité, qu’en est-il pour le BIT qui travaille depuis des années pour la structurer ? Réponses dans les stands d’exposition du BIT Projet HIMO et au cours des travaux d’atelier avec les collectivités territoriales décentralisées toute la journée du 27 novembre à la salle Triumph.

Travail Décent. Tel est le credo du BIT. En effet, viser le plein emploi suffit peu si on tient à accorder pleinement aux hommes leur dignité. Décent est donc le maître mot. Dans la même veine, faire HIMO, c’est bien. Mais… HIMO structurée, c’est mieux.

Approche HIMO Structurée

Le Bureau International du Travail (BIT), partenaire technique de l’État Malgache, a mis en place l’Approche HIMO Structurée à Madagascar en 2000. Cette décision s’est matérialisée par la création à Antsirabe du Centre de Formation HIMO qui, à cette époque, était unique en son genre pour cette technologie HIMO en Afrique francophone.

L’Approche HIMO Structurée s’articule autour de 3 grands axes :

  • La Formation au bénéfice des collectivités territoriales décentralisées, des bureaux d’études, des entreprises, des tâcherons, …
  • L’Investissement en matière d’infrastructures de base : routes, bâtiments, aménagements hydro-agricoles, …
  • L’Entretien, la pérennisation des acquis par les collectivités territoriales décentralisées.

Pour faire dans le concret, l’Approche HIMO Structurée utilise la réalisation d’infrastructures comme principal outil pédagogique de transfert de compétences. De même, vise-t-elle ainsi la création d’emplois décents dans les zones d’intervention. C’est ce qui la distingue des autres approches existantes. Par exemple, celles du type filet de sécurité.

Avec l’Approche HIMO Structurée se réalisent des travaux professionnels basés sur les ressources localement disponibles telles que la main-d’œuvre et les matériaux locaux. S’y ajoute un équipement léger et approprié chaque fois que la qualité des ouvrages l’exige. Ainsi devient-on à la fois productif et économiquement rentable.

Levier du développement

L’Approche HIMO Structurée s’avère suffisamment souple, et donc fonctionnelle, pour s’adapter aux politiques générale et sectorielle du gouvernement.  À savoir, la création d’emplois et la réduction de la pauvreté, la formation des opérateurs du secteur privé, le désenclavement des zones de production agricole, la construction d’écoles et de centres de santé, les travaux d’aménagement hydro-agricole et de protection environnementale, les travaux communaux ruraux et urbains, la responsabilisation et l’implication des collectivités territoriales décentralisées.

L’Approche HIMO Structurée crée un maximum d’impact pour chaque ariary investi. Comparée aux approches basées sur l’équipement lourd, elle est en termes financiers 10 à 30% moins chère. Les dépenses en devises y sont réduites de 40%. Et pour un même investissement, elle crée 3 à 5 fois plus d’emplois.

D’où l’intérêt de l’intégrer dans tous les programmes courants d’investissements, chaque fois qu’il est techniquement possible et économiquement rentable de le faire. D’ailleurs, la Haute Intensité de Main d’œuvre, HIMO, est vecteur de justice sociale. Et comme toute la culture malagasy s’y trouve associée depuis des siècles, il suffit de la structurer pour la rendre contemporaine : « Asa an-tànamaro voarafitra, voarindra, voakaly ».

Qu’elle s’étende sur tout le territoire national selon les règles de l’art, et mieux encore, avec la manière… Et l’ensemble de la population malgache aura mille raisons de s’en réjouir.

 

Téléchargez le dossier complet par Bezoro Ingénierie Culturelle.

BIT-HIMO & CMRT

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3 Comments

  1. Soso said:

    Houla………Il faut raisonner plutôt en termes de qualité que de coût. Ce n’est pas pour rien que les écoles forment des spécialistes, que les industriels se spécialisent. Les industriels du BTP (les vrais: du genre COLAS ou autres) sont créés pour faire les routes. Et ces industriels recrutent en général les locaux pour des tâches ouvrières. Donc la question de création d’emploi ou de recrutement ne se pose pas, avec ou sans HIMO.

    L’approche HIMO n’est qu’une délire des institutions financières de type BIT, Banque mondiale, FMI,…pour que le pays s’enfonce plus, que les travaux sont à refaire tous les 3-4 ans et que le pays soit toujours dépendant d’eux. La preuve, souvenez vous des travaux HIMO lors de la politique de développement local dans les communes durant la période de Ravalomanana: où sont les états des routes communales issues des travaux HIMO en ce moment? (je ne parle pas des nationales faites par les industries du bâtiment).

    La solution? Développez plutôt les écoles, formez les gens. S’ils sont compétents, ils trouveront toujours de bonne issue. L’avenir appartient à ceux qui travaillent et qui veulent travailler. Il faut arrêter la culture de donation.

  2. dwizernewsdwizernews said:

    Bonjour Soso… toujours aussi enthousiaste et engagé 🙂 Nous allons transmettre vos remarques au BIT. Sur le fond, la démarche HIMO nous paraît bonne puisqu’elle permet l’embauche et la formation de personnel sur les localités de constructions des routes ou infrastructures. Cela permet entre autre de réduire les coûts car une personne embauchées en local est toujours moins cher qu’un spécialiste expatrié par exemple. Cela permet aussi d’impliquer les populations locales, qu’elles en retirent un bénéfice.
    Si certaines routes sont en mauvaises états, cela nous semble plutôt être dû à une mauvaise étude + mauvais choix de matériau… le tout bien souvent dû justement à une volonté de réduire les coûts à court terme. On peut aussi y ajouter un manque de moyen pour la maintenance, voir aucune maintenance. On laisse un petit trou devenir un « nid de poule »… puis « un nid d’autruche »… jusqu’à ne plus avoir de route du tout par endroit… et ceux, sans que personne n’intervienne.
    Si l’on peut avoir des différents à reprocher à certaines institutions, nous ne pensons par contre, que l’on puisse laisser cette idée que cela les arrangerait qu’un pays en difficulté s’enfonce toujours plus. Leur intérêt est plus que le pays se porte mieux afin qu’il puisse rembourser ces dettes, par exemple, au lieu d’être obligé de les effacer. Nous avons bien besoin de l’aide de ces organismes. Il serait par contre plus intéressant de se demander où va l’argent qu’ils nous donnent ou prêtes ? De quelle manière sont facturées ces chantiers ? Car au vue de l’enrichissement spontanée des présidents, ministres et autres responsables politiques, on peut sérieusement se demander si ces projets n’ont pas été financés à minima pour que ces aides puissent en partie finir dans de sombres officines. On sur-facture, dans la demande d’aide, un projet ambitieux avec des matériaux nobles… dans les faits, on sous-factures des matériaux bon marchés… et on empoche la différence ! 😉 À l’inauguration de la route, les bailleurs de fonds sont contents : ils voient une belle route toute neuve. Moins de 5 ans plus tard, la route ne ressemble plus à rien… mais le projet est passé, et facturé. Le ministre, lui, a changé de voiture, s’est fait construire une maison, à investit dans plusieurs projets immobiliers… a acheté une chaîne TV… et pense même se présenter aux prochaines élections présidentielles !
    Sur la fin, on est parfaitement en accord : école ! école ! école ! C’est la base de tous nos maux, et la solution à notre avenir. Et au travail 🙂 bien sûr.

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